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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 23:40

Une maison isolée, la nuit a recouvert le paysage alentour et le silence règne.  

Une lampe sur pied de bois patiné au chapeau suranné éclaire une pièce d’une lumière diffuse. 

Une silhouette est allongée sur un vieux canapé de velours bleu, une partie du corps recouverte par un plaid écossais effrangé aux couleurs passées.   Un livre ouvert se soulevant au rythme de sa respiration sifflante repose sur sa poitrine.  

Elle est seule dans la pièce.

Dans un angle obscur une télévision allumée passe des images qu’elle ne voit pas,  le son étouffé qu’elle entend à peine et qu’elle n’écoute pas.  

   Elle a froid malgré les flammes qui dansent une farandole dans la cheminée lui faisant face, mais elle ne bouge pas et glisse dans le puits embrumé de la somnolence, plongée dans son monde intérieur qui lui permet d'oublier un instant le crabe invisible qui ronge son corps meurtri.    

 Soudain un courant d’air traverse la pièce, faisant frissonner les rideaux de cretonne tirés devant les fenêtres closes. Tout est pourtant fermé.  

A travers ses yeux mi clos elle perçoit un tourbillon léger de cristaux kaléidoscope ;  une forme indistincte, une apparition laiteuse venant de nulle part qui s’approche d’elle tandis qu’une chaleur bienfaisante s’insinue en elle. Elle n’a pas peur, se laisse envahir par cette présence qui la caresse, ce murmure apaisant qui la berce.  

La pièce se dilue dans un brouillard irisé.

Une musique envoûtante, flûte de pan ? l’enveloppe, la transporte sur un nuage de soie, pour être déposée dans une clairière ensoleillée, à l’ombre d’un pommier en pleine floraison. Ses pétales parfumés pleuvent sur sa peau  des larmes de neige. Sa peau ?  

Elle est nue, couchée sur un tapis de mousse plus moelleux qu’un lit de plumes et, penché vers elle, un visage lumineux, un  regard clair plus  émeraude que la mer, tandis qu’un sourire se dessine sur une bouche de corail. Un corps chaud, douillet, contre lequel instinctivement elle se love. Et une voix plus douce que le miel dont elle boit chaque parole d’amour et de réconfort. 

Elle l’a reconnu, son ange de lumière, son roi blanc qui l’a rejointe dans son rêve.  

En sourdine le chant cristallin d’une cascade et la pépie mélodieuse des oiseaux lyre.  

Tout n’est que sérénité ; la laideur de sa maladie a disparu dans ce coin de paradis où elle se sent reine.  

Elle ferme les yeux, nichée au creux de ses bras protecteurs, et s’endort d’un sommeil paisible.  

Elle n’est plus seule, elle n’a plus froid, elle sait qu’il veille sur elle et l’emportera dans son royaume chaque fois que son cœur en souffrance l’appellera !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Emalaude - Publié dans : Textes
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